SAINT JACQUES DE LA LANDE - RENNES
METROPOLE
Avril 2003 à Juin 2006
Local Centres Horizons à Saint-Jacques de la Lande
Saint-Jacques de la Lande tient une place particulière au sein de Rennes
Métropole. Jusqu’au milieu des années 90, St Jacques comprenait
deux centres : St Jacques-bourg à quelques kilomètres au sud-ouest
de Rennes (bourg à l’allure classique avec l’église,
les commerces de proximité et les habitations autour) et St Jacques-ville
(appelé aussi le « Pigeon Blanc), quartier intégré
au tissu urbain rennais et comportant centre administratif avec la mairie et
les différents services de la ville. Entre ces deux centres s’étendaient
plusieurs kilomètres de bocage encadrés par la rocade, la voie
ferrée, l’aéroport et autres usines, terrains militaires
et zones d’activité. Quelle identité alors pour une ville
aussi composite ? Quelle unité dans un tissu aussi éclaté
?
C’est un désir de « réunification », en quelque
sorte, qui a motivé le projet du nouveau quartier de la Morinais. Il
s’agit là de doter St Jacques de la Lande d’un nouveau centre
ville que l’on fait sortir de terre ex-nihilo, au milieu des champs séparant
les deux actuels pôles de la ville. Il s’agit donc d’un projet
de ville nouvelle, mais pas au sens des grands ensembles périphériques
des années 60 et 70, puisque l’ambition est là de fabriquer
un centre.
Le travail sur le centre ville de Saint-Jacques de la Lande s’articule
autour d’un double enjeu : approfondir le travail d’observation
et de collecte de matériaux sur le terrain sur la base d’une présence
longue au contact des différents acteurs du quartier ; continuer à
expérimenter et à affirmer à travers la création
artistique, une méthode de travail, restitutions et traductions des matériaux
collectés.
BERLIN
Mars à Octobre 2004 - Dans le cadre la Villa Médicis Hors les
Murs 2004
Installation à Die Schaubude (Puppentheater Berlin) pendant le festival
Versuchung du 3 au 9 octobre 2004
Marquée par une histoire plus que mouvementée, Berlin présente
de nos jours une forme très particulière, en constante transformation,
et fut un autre terrain de jeu d’une grande richesse. A Berlin se posent
les questions d’identité, de transformation, d’image et de
présence dans la ville, avec une urgence et une évidence très
perceptible. Cette résidence permit d’expérimenter des façons
singulières de porter un regard sur l’espace urbain ainsi que des
méthodes de restitutions, sous forme de courts films et d’installations.
Beim Herranahen an die Stadt (A l’approche de la ville) : Berlin est distendue.
L’horizon y existe. Même au cœur de la ville, on peut encore
la voir, au loin. Cette morphologie particulière semble souvent placer
le marcheur en situation d’approche. Un court film, pour tenter de traduire
ces situations d’approche.
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U-Bahn 5 (Métro, ligne 5) : Le mouvement des rames du métro Berlinois,
rendu étrange et spectaculaire par une astuce de cadrage, et les présences
quotidiennes et détachées des usagers. Une balade vidéo,
voyage dans la torpeur du métro.
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A hard day’s night : Ce court film à la croisée des techniques
d’animation et de vidéo met en jeu dans un même cadre identifiable
et clair des instants différents : une suite d'actions filmées
le jour est réintroduite dans les mêmes espaces filmés la
nuit. Cet essai permet de vérifier une hypothèse visuelle tout
en introduisant dans le travail les idées de personnage et de narration.
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BUENOS AIRES
Juillet et août 2005 – Automne 2006
Projection le 25 août 2005 à l’Alliance Française
de Buenos Aires
Installation le 27 août à El Basilisco, lieu d’exposition
et d’accueil d’artistes visuels à Avellaneda.
Très imprégnée de culture européenne, Buenos Aires
est pourtant quadrillée à la manière des villes américaines.
Mais différents quadrillages se juxtaposent. Ces trames orthogonales
donnent à la forme de la ville une grande rigueur alors que leurs orientations
différentes perturbent cet ordre apparent. Le promeneur, mis en confiance
par cette illusion de logique, se voit rapidement perdre ses repères.
Cette forme générale, ainsi que la répétition de
motifs (d’architecture, de sol, …) provoquent finalement la sensation
de reconnaître un endroit tout en étant complètement perdu.
Comme souvent dans les villes « tramées », on utilise pour
se repérer les coins de rues, les croisements. Mais qu’est-ce qui
ressemble plus à un coin de rue qu’un autre coin de rue, à
un bloc qu’un autre bloc ?
De ce type de sensations et observations est née l’installation
Cuadras y Esquinas (Blocs et Coins de rues) sous la forme d’un diptyque
vidéo.
Esquinas montre un coin de rue changeant petit à petit de morphologie.
Une maison devient tour, une voiture devient réverbère, la rue
pavée se recouvre d’asphalte, etc. le tout dans une troublante
continuité. L’image demeure lisible voire banale, mais l’esprit
perd ses repères.
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Cuadras est le pendant d’Esquinas, sur un mode pré fictionnel :
Une frise vidéo montre le personnage au ballon rouge se déplaçant
dans une ronde sans fin autour de fragments de blocs. Le personnage traverse
les formes, les couleurs et les atmosphères les plus variées dans
une logique frisant le systématisme.
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METHODE DE TRAVAIL ET D’EXPLORATION
Faire du regard posé sur la ville une occasion d’exalter l’imaginaire,
superposer à la ville ses propres images, jouer avec l’espace et
sa perception.
Le travail se fonde alors sur deux aspects essentiels: la fabrication des images
(captation du réel et transformation de la captation), puis restitution.
Mettre la ville en abyme en la mettant en relation avec ses images; ne pas s’interdire
le recours à l’étrange, à l’inattendu. De la
fiction, finalement, plus que du documentaire.
En considérant la ville comme de la matière à manipuler,
il devient possible de manipuler la ville ou moins son image au même titre
qu’une marionnette. Déplacer les choses, modifier des éléments,
imaginer de nouvelles relations.
Depuis quelques mois, nous nous attachons à constituer un catalogue de
jeux possibles avec l’image de la ville: dérégler le temps
et l’espace, changer la forme du bâti, inventer l’ubiquité
des présences, etc.
Il est donc possible d’imaginer une période d’observation
et d’application de ces outils à d’autres villes, d’invention
de nouveaux jeux directement issus de ce contexte particulier. Puis un deuxième
temps d’utilisation de cette matière et de restitution, de mise
en forme (photographique, image projetée, installation).
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_Saint-Jacques
de la Lande - Rennes
_Berlin
_Buenos
Aires
_Méthode
de travail et d'exploration
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CENTRES
HORIZONS tente d’imaginer et de mettre en forme
des traductions sensibles des phénomènes
de naissance et de transformation de la ville. Il se
penche sur la rencontre de la grande échelle
(territoire, Histoire) et de la petite (individu, instant),
Si un grand nombre de villes de par le monde pourraient
se prêter à ce travail, il s’agit
de choisir des exemples particuliers pour mener ces
explorations. Le choix des terrains de jeux privilégiés
s’opère en fonction de caractéristiques
historiques, urbanistiques, culturelles.
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